Août 2001 Vol. 7 Ce bulletin électronique mensuel est produit par le Bureau d'information Becel sur la santé cardiaque en collaboration avec l'ADAQ. Cette initiative de Becel s'inscrit dans le cadre de sa mission de renseigner les professionnels de la santé et le public sur les dernières découvertes en nutrition et sur les enjeux scientifiques susceptibles d'avoir un impact sur la santé cardiaque. Certaines plantes peuvent-elles favoriser la santé cardiaque? On utilise les plantes à des fins médicinales depuis le début de l'histoire dans toutes les sociétés et cultures. Certaines se sont vues attribuer des bienfaits pour la santé du cur. Nous vous présentons pour cinq d'entre elles quelques références crédibles sur la pertinence de ces allégations. L'ail. Il réduirait le cholestérol, abaisserait la pression artérielle et retarderait l'agrégation plaquettaire, des effets que l'on attribue à l'allicine ou plus précisément aux substances qu'elle produit lorsqu'une gousse d'ail est broyée ou qu'un comprimé d'ail se brise dans le tube digestif. En 2000, après avoir revu la littérature scientifique sur le sujet, l'Agency for Healthcare Research and Quality du gouvernement américain concluait à l'insuffisance des données permettant de prouver les bienfaits de l'ail sur les manifestations cliniques de la maladie cardiovasculaire. Bien que les préparations d'ail peuvent avoir à court terme de légers effets positifs sur les lipides sanguins, le maintien de ces effets au-delà d'une période de trois mois n'a pas été démontré. On n'a pas observé non plus avec l'ail de réductions consistantes de la pression artérielle ni d'effets sur la sensibilité au glucose ou à l'insuline. Des effets prometteurs sur l'activité anti-thrombotique ont été rapportés mais, encore une fois, restent à prouver. (1) La graine de lin. En combinant des gras oméga-3, des fibres solubles et des lignans, elle possède une composition d'intérêt pour la santé cardiaque. Elle renferme 41 % d'huile et celle-ci est constituée à 57 % d'acide alpha-linolénique (ALA), ce qui en fait, en Amérique du Nord, la source alimentaire la plus concentrée de cet acide gras oméga-3 essentiel. Des recherches préliminaires suggèrent que l'ALA abaisse le cholestérol-LDL et, en grandes quantités, peut Le coenzyme Q10. Il est essentiel à la production d'énergie dans toutes les cellules vivantes. C'est également un puissant antioxydant dont la concentration dans le corps tend à diminuer avec l'âge ou le développement de certaines maladies incluant plusieurs conditions cardiaques. À l'heure actuelle, l'Americain Heart Association ne recommande pas la consommation régulière de coenzyme Q10 tant que de nouveaux essais cliniques portant sur sa sécurité et son efficacité ne seront pas menés. En effet, la plupart des études ayant démontré des résultats positifs ont été effectuées sur des patients atteints de défaillance cardiaque congestive, sur de petits nombres de sujets et pendant des périodes relativement courtes. De plus, on y a administré le coenzyme Q10 en association avec des médicaments traditionnels, ce qui permet difficilement d'en mesurer l'efficacité réelle. (13). On trouve le coenzyme Q10 en quantité particulièrement élevée dans les abats, le buf, l'huile de soja, les sardines, le maquereau et les arachides. Le soja. Les épidémiologistes observent depuis longtemps que les populations asiatiques, dont l'alimentation est basée sur les produits de soja, ont une incidence de maladie cardiovasculaire plus faible que celles qui consomment une diète occidentale type. En 1999, après avoir revu une cinquantaine d'études cliniques sur le sujet, le Food and Drug Administration (FDA) des États-Unis a approuvé l'utilisation, sur les étiquettes d'aliments, de déclarations portant sur le rôle hypocholestérolémiant des protéines de soja dans la réduction du risque de maladie cardiaque. Pour produire un effet significatif, il est nécessaire d'ingérer quotidiennement 25 g de protéines de soja (14). Une méta-analyse a montré que la consommation de protéines de soja produisait une baisse moyenne de 9,3 % du cholestérol total, de 12,9 % du cholestérol-LDL et de 10,5 % des triglycérides. (15) Les protéines de soja sont présentes dans les produits de soja traditionnels (tofu, tempeh, miso, fèves et lait de soja). On utilise également des ingrédients de protéines de soja dans la fabrication de substituts de viande et de volaille. Ces ingrédients contiennent, en plus des protéines, d'autres constituants du soja tels que les isoflavones, les fibres et les saponines. (16) Le ou les composés du soja bénéfiques et l'ampleur de leurs effets restent à éclaircir. (17) Le psyllium. Ce grain originaire de l'Inde, qu'on retrouve dans certaines céréales à déjeuner, est une source élevée de fibres solubles à l'effet hypocholestérolémiant reconnu. C'est d'ailleurs en se basant sur l'évidence scientifique disponible que le FDA américain autorisait en 1998 l'utilisation, sur les emballages d'aliments, de déclarations portant sur la capacité du psyllium à réduire le risque de maladie cardiaque. (18) Dans une méta-analyse publiée en 2000, on a observé que la consommation de 10,2 g de psyllium par jour abaissait le cholestérol sanguin total de 4 % et le cholestérol-LDL de 7 % sans affecter les taux de HDL et de triacylglycérol (19). À long terme, cet apport conduit également à des réductions significatives du cholestérol sanguin total et du cholestérol-LDL chez des patients atteints d'hypercholestérolémie primaire. Le psyllium peut être considéré comme un adjuvant efficace à la diète et une solution de rechange aux traitements médicamenteux pour certains patients. (20)
|
|