Juillet 2001 Vol. 6
Ce bulletin électronique mensuel est produit par le Bureau d'information Becel sur la santé cardiaque en collaboration avec l'ADAQ. Cette initiative de Becel s'inscrit dans le cadre de sa mission de renseigner les professionnels de la santé et le public sur les dernières découvertes en nutrition et sur les enjeux scientifiques susceptibles d'avoir un impact sur la santé cardiaque.
LES GRAS TRANS ET LA SANTÉ CARDIAQUE
Les Canadiens adultes consommeraient en moyenne 8,4 g d'acides gras trans (AGT) par jour pour un régime de référence de 2 000 calories, soit 3,8 % de l'énergie. (1) L'huile végétale partiellement hydrogénée est la source principale d'AGT dans l'alimentation canadienne et on l'utilise couramment dans la fabrication de produits préemballés. Les diététistes peuvent aider leurs clients en leur enseignant à repérer les AGT sur les étiquettes et en insistant sur le choix d'aliments faibles en gras saturés et en AGT.
La transformation
Les AGT sont présents naturellement dans le gras des ruminants (vache, buf, chèvre, mouton). Toutefois, la majorité d'entre eux se forment au cours de l'hydrogénation, un procédé industriel par lequel de l'hydrogène est incorporé dans les doubles liaisons d'acides gras insaturés, ce qui donne des corps gras plus solides qui conviennent mieux à la fabrication d'aliments. Selon Santé Canada, l'huile végétale partiellement hydrogénée (ou shortening d'huile végétale) est la source numéro un de gras trans dans l'alimentation des Canadiens. On la retrouve dans les margarines ordinaires, le shortening, plusieurs aliments préparés (croustilles, craquelins, gâteaux, biscuits, beignes, muffins et autres) et les aliments de restauration rapide comme les frites et autres fritures. Les margarines n'apporteraient que 11 % des AGT de l'alimentation des Canadiens. (2)
Les effets néfastes et les recommandations
Il est maintenant établi que les AGT élèvent le C-LDL en même temps qu'ils abaissent le C-HDL, deux changements qui sont liés à un risque accru de cardiopathies. Les AGT augmentent le rapport cholestérol total/C-HDL environ deux fois plus que les graisses saturées. (3, 4) Ils élèveraient également le taux de lipoprotéine(a), qu'on associe également aux cardiopathies. (5) Des études épidémiologiques ont permis de constater un lien entre le risque de maladies cardiovasculaires et l'apport en AGT. (6, 7) Ainsi, les plus récentes recommandations du groupe de travail sur l'hypercholestérolémie et les autres dyslipidémies de Santé Canada énoncées en mai 2000 stipulent que les gras saturés et trans combinés devraient constituer moins de 10 % de l'apport calorique journalier. (8) Ces recommandations sont conformes aux dernières lignes directrices de l'American Heart Association (AHA). (9)
L'ALC, un " bon " gras trans?
L'acide linoléique conjugué (ALC) désigne un groupe d'AGT obtenus par la fermentation bactérienne des acides gras qui se produit dans l'estomac des ruminants. Les chercheurs ont découvert que ces AGT auraient des propriétés physiologiques et des effets sur la santé différents des AGT produits par hydrogénation partielle de l'huile végétale, notamment des effets anticarcinogènes et antiathérogéniques. Selon le Dr Nimal Ratnayake de Santé Canada, ces résultats préliminaires fondés principalement sur des études animales ne permettent pas de faire des distinctions entre les différents types de gras trans. L'ALC représente environ 0,5 % de la teneur en matières grasses totales des produits laitiers. (10)
Des margarines pratiquement " sans gras trans "
Contrairement à la croyance répandue, les margarines ne sont pas toutes des sources d'AGT. En comparaison avec la margarine ordinaire (partiellement hydrogénée), la margarine molle non hydrogénée contient moins de 0,1 % de gras trans, une quantité non significative sur le plan nutritionnel. Elle est également plus faible en gras saturés. Contrairement au beurre, un gras animal, la margarine non hydrogénée ne contient pas de cholestérol et elle renferme une proportion moins élevée de gras saturés et trans à gras insaturés.
Étiquetage nutritionnel : ce qu'il faut savoir
La méthode de la soustraction : prudence. Pour calculer la teneur en AGT des aliments, on suggère souvent aux consommateurs la méthode de la soustraction, qui consiste à déduire des matières totales la somme des teneurs en gras polyinsaturés, monoinsaturés et saturés inscrites sur les étiquettes. Or, le Dr Ratnayake est d'avis que cette méthode est inexacte et surestime la teneur en AGT des aliments, car les AGT et les gras polyinsaturés, monoinsaturés et saturés ne représentent ensemble qu'environ 95 % des matières grasses totales. Le 5 % restant est constitué de glycérol.
Les gras trans bientôt présents sur toutes les étiquettes. Pour mieux renseigner les consommateurs, le nouveau projet de règlement en matière d'étiquetage nutritionnel de Santé Canada prévoit la déclaration obligatoire de la teneur en AGT dans le Tableau de la valeur nutritive. Les fabricants auront jusqu'à deux ans après l'entrée en vigueur de la version finale du règlement, prévue d'ici six mois à un an, pour réviser les étiquettes de leurs produits. À l'heure actuelle, pour inclure la teneur en AGT sur les étiquettes, il faut obtenir le consentement de Santé Canada par l'entremise d'une autorisation de mise en marché temporaire. Becel a obtenu une telle autorisation, de sorte qu'on peut lire dans la rubrique d'information nutritionnelle présente sur ses contenants de margarine que chaque portion de 10 g (2 c. à thé) fournit moins de 0,1 g de gras trans.
Pour obtenir gratuitement des renseignements ou des publications sur l'alimentation et la santé cardiaque incluant le numéro d'Au cur du sujet de l'été 2000 consacré aux acides gras trans, communiquez avec le Bureau d'information Becel sur la santé cardiaque à l'adresse www.becelcanada.com ou par télécopieur au 1 800 442-3235.
Références
(1) Ratnayake, WMN et ZY Chen. Development and Processing of Vegetable Oils for Human Nutrition 1995. AOCS Press.
(2) Ratnayake, WMN et coll. JAOCS 1998;75:1587-1594.
(3) Willet, WC et A. Ascherio. Am J Clin Nutr 1995;62:524-526.
(4) Katan, MB, RP Mensink et PL Zock. Ann Rev Nutr 1995;15:473-493.
(5) Katan, M.B. Eur J Clin Invest 1998; 28:257-258.
(6) Willett, WC et coll. Lancet 1993;341:581-585.
(7) Pietinen, P et coll. Am J Epidemiol 1997;145;10:876-887.
(8) Recommandations pour la prise en charge et le traitement des dyslipidémies. CMAJ 2000;162(10):1441-1447.
(9) Krauss RM et coll. AHA Dietary Guidelines. Circulation 2000;102:2296-2311.
(10) Bureau d'information Becel sur la santé cardiaque. Au cur du sujet, été 2000.
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