Novembre 2001 Vol. 10
Ce bulletin électronique mensuel est produit par le Bureau d'information Becel sur la santé cardiaque en collaboration avec l'ADAQ. Cette initiative de Becel s'inscrit dans le cadre de sa mission de renseigner les professionnels de la santé et le public sur les dernières découvertes en nutrition et sur les enjeux scientifiques susceptibles d'avoir un impact sur la santé cardiaque.
Comment réduire le risque accru de maladie cardiaque
chez les patients diabétiques?
Le Bureau d'information Becel sur la santé cardiaque consacrera le numéro d'automne 2001 du bulletin Au cur du sujet à la prévention des maladies cardiaques chez les personnes diabétiques. Si vous ne recevez pas Au cur du sujet et souhaiteriez être ajouté(e) à notre liste d'envoi, communiquez avec nous par l'entremise de notre site www.becelcanada.com ou par télécopieur au 1-800-44 BECEL.
Les attaques cardiaques surviennent de 2 à 4 fois plus fréquemment chez les personnes diabétiques. Jusqu'à 70 % d'entre elles mourront d'une maladie cardiovasculaire (MCV). (1) Récemment, le groupe de travail de Santé Canada sur l'hypercholestérolémie et les autres dyslipidémies puis le panel d'experts sur la détection, l'évaluation et le traitement de l'hypercholestérolémie chez l'adulte du National Cholesterol Education Program (NCEP) américain incluaient les personnes diabétiques dans la catégorie de risque le plus élevé pour la maladie coronarienne. (2,3)
De fait, la forme de diabète la plus fréquente, le type 2, est associée à un syndrome métabolique qui se caractérise par l'obésité centrale, la résistance à l'insuline et d'autres facteurs de risque de MCV tels que la dyslipidémie (TG élevés, HDL-C bas et LDL petits et denses), l'hypertension et certains facteurs prothrombotiques. On peut toutefois réduire le risque accru de MCV chez les personnes diabétiques de façon appréciable en contrôlant les facteurs de risque individuels. (4,5)
Le contrôle de la lipémie : une priorité
Un meilleur contrôle du glucose sanguin chez les patients atteints du diabète de type 2 réduit de façon importante l'incidence de rétinopathie et de néphropathie mais a moins d'impact sur le risque de maladie coronarienne. (6-9) D'autre part, plusieurs essais cliniques ont fourni une évidence claire à l'effet que la dyslipoprotéinémie est un facteur de risque traitable majeur pour la maladie coronarienne et que le fait de réduire le LDL-C résulte en une baisse rapide et significative des événements cardiovasculaires. (10) Le NCEP a identifié le LDL-C comme étant la cible principale de la thérapie hypocholestérolémiante et suggère l'atteinte d'une valeur inférieure à 2,5 mmol/L. (3)
Changer d'abord les habitudes de vie
Les changements d'habitudes de vie qui incluent des apports réduits en gras saturés, une activité physique accrue et le contrôle du poids constituent le fondement de toute thérapie destinée à réduire la lipémie et le risque de MCV. (2,3) Une perte de poids, même modeste, peut améliorer la résistance à l'insuline et le LDL-C. Elle fournit aussi d'autres bienfaits sur la santé incluant la modification de facteurs de risque lipidiques et non lipidiques. L'activité physique régulière réduit les taux de VLDL, augmente le HDL-C et, chez certaines personnes, abaisse le LDL-C. Elle peut aussi abaisser la pression sanguine, réduire la résistance à l'insuline et influencer de façon favorable la fonction cardiovasculaire. (6-9)
Des recommandations alimentaires clés
Glucides
Inclure des aliments à faible index glycémique (IG). (11) Une étude de cohorte prospective récente a relié le développement du diabète et de la maladie coronarienne à la consommation d'un régime alimentaire contenant des sources de glucides à IG plus élevé. (12,13) Dans des études de consommation, on a obtenu une amélioration des niveaux de glucose sanguin en utilisant l'IG pour classifier les aliments glucidiques. (14)
Consommer de 25 à 35 g de fibres par jour. (11) Un rapport récent indique qu'une consommation accrue de fibres peut améliorer le contrôle glycémique et les taux de lipides plasmatiques chez les patients diabétiques (15). En matière de traitement des dyslipidémies, le groupe de travail de Santé Canada et le NCEP recommandent une consommation quotidienne de 25 à 35 g de fibres. (2,3) Pour une réduction accrue du LDL-C, le NCEP propose un apport de 10 à 25 g de fibres solubles par jour. (3)
Matières grasses
Limiter les gras saturés et trans à moins de 10 % des calories. (11) Le fait de réduire les gras saturés peut renverser ou améliorer l'obésité, la résistance à l'insuline, la dyslipidémie et la cardiopathie athéroscléreuse, des anomalies observées dans les régimes riches en graisses. (11) La réduction de l'apport en gras saturés et trans à moins de 10 % des calories est recommandée pour abaisser le LDL-C et le risque de MCV chez les personnes diabétiques. (2,3,16)
Privilégier les gras monoinsaturés. (11) Une diète faible en gras saturés (moins de 10 % des calories) qui est relativement riche en gras insaturés (jusqu'à 30 % des calories provenant des gras monoinsaturés et polyinsaturés) peut prévenir ou atténuer la baisse du HDL-C et l'augmentation des TG qui peuvent survenir chez certaines personnes en réponse à une diète faible en gras et riche en glucides. On a maintenant une évidence claire à l'effet que, dans des conditions de maintien du poids, la réduction du cholestérol total et du LDL-C est comparable que l'on remplace les gras saturés par des gras insaturés ou par des glucides.(8) Incorporer au besoin des phytostérols. Le NCEP propose, pour une réduction accrue du LDL-C, la consommation quotidienne de 2 g de phytostérols. (3)
Références
(1) Gerstein and Haynes. Evidence Based Diabetes Care. BC Decker Inc., 2001, p. 505.
(2) Fodor JG et al. Recommendations for the management and treatment of dyslipidemia. Report of the Working Group on Hypercholesterolemia and Other Dyslipidemias. CMAJ 2000;162(10):1441-7.
(3) Executive Summary of The Third Report of the National Cholesterol Education Program (NCEP) Expert Panel on Detection, Evaluation, And Treatment of High Blood Cholesterol in Adults (Adult Treatment Panel III). JAMA 2001;285(19):2486-2497.
(4) Grundy SM et al. Diabetes and cardiovascular disease: a statement for healthcare professionals from the American Heart Association. Circulation 1999;100:1134-1146.
(5) American Diabetes Association. Standards of medical care for patients with diabetes mellitus [position statement]. Diabetes Care 1999;22(suppl 1):S32-S41.
(6) Harris MI, Eastman RC. Is there a glycemic threshold for mortality risk? Diabetes Care 1998;21:331-333. Editorial.
(7) UK Prospective Diabetes Study Group. Effect of intensive blood-glucose control (UKPDS34). Lancet 1998;352:854-865.
(8) Kris-Etherton PM. AHA Science Advisory: monounsaturated fatty acids and risk of cardiovascular disease. American Heart Association Nutrition Committee. Circulation 1999;100:1253-1258.
(9) UK Prospective Diabetes Study Group. Intensive blood-glucose control with sulphonylureas or insulin compared with conventional treatment and risk of complications in patients with type 2 diabetes (UKPDS33). Lancet 1998;352:837-853.
(10) La Rosa J et al. Effects of status on the risk of coronary disease. A meta-analysis of randomized controlled trials. JAMA 1999;282:2340-6.
(11) Wolever T et al. Guidelines for the nutritional management of diabetes mellitus in the new millennium. Canadian Journal of Diabetes Care 1999;23(3):56-69.
(12) Salmeron J et al. Dietary fiber, glycemic load, and risk of NIDDM in men. Diabetes Care 1997;20:545-550.
(13) Salmeron J et al. Dietary fiber glycemic load, and risk of non-insulin-dependent diabetes in women. JAMA 1997;277:472-477.
(14) Wolever TMS. The glycemic index: flogging a dead horse? Diabetes Care 1997;20:452-456.
(15) Chandalia M et al. Beneficial effects of high dietary fiber intake in patients with type 2 diabetes mellitus. N Engl J Med 2000;342:1392-1398.
(16) Krauss RM et al. AHA Dietary Guidelines: revision 2000: A statement for healthcare professionals from the Nutrition Committee of the American Heart Association. Circulation 2000;102(18):2296-2311.
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